Transcription du média LRT_02_01_00367 Transcription en relecture

La lampe de chevet était allumée sur la table de nuit de la chambre à coucher, et la faible lumière de l'abat-jour tombait sur le couvre-lit et semblait nous isoler, Hélène et moi, dans la pénombre de la pièce. Hélène s'était recouchée, et j'étais assis près d'elle sur le lit, fumant une cigarette, dont je déposais la cendre avec circonspection dans un cendrier bizarroïde que j'avais posé à plat sur la couverture, ichtyoïde et bleu clair, avec des écailles en porcelaine. Elle m'avait pris la main et jouait lentement avec mes doigts en m'expliquantà voix basse qu'elle ne savait pas où se trouvait Biaggi, car elle appelait son mari Biaggi, et jamais Paul, elle l'avait toujours appelé Biaggi autant que je me souvienne. Cela faisait cinq jours maintenant qu'elle ne l'avait pas vu, depuis qu'ils étaient rentrés à Paris, très précisément, car une tante de Biaggi était morte le vingt-sixtrois octobre et ils avaient dû rentrer à Paris pour l'enterrement. Depuis, leurs relations, qui étaient de plus en plus tendues, s'étaient de nouveauencore détériorées et elle ne l'avait plus revu. Il n'avait pas reparu dans l'appartement qu'ils occupaient ensemble à Paris, et elle avait cru qu'il était rentré à Sasuelo sans prévenir personne juste après l'enterrement, de sorte que, ce soir, quand elle avait pris l'avion, elle pensait qu'elle allait le retrouver ici en arrivant. Et c'est pourquoi, quand elle avait entendu du bruit dans la maison quelques instants plus tôt, elle n'avait finalement pas eu tellement peur, seulement un instant, voyant monter quelqu'un à l'étage qui n'avait pas allumer la lumière, car elle pensait que c'était Biaggi. Que c'était Biaggi qui rentrait. Car Biaggi devait se trouver à Sasuelo, selon elle, puisqu'il n'était pas à Paris. Peut-être était-il à l'hôtel ?
Ont contribué (1): Wellington -