Transcription du média LRT_02_01_00416 Transcription en relecture

II, 415


vin, je ramassai le journal plié en deux qui dépassait du carton et l'ouvris
sur la table, me rendant compte que c'était Le Monde d'aujourd'hui.

Celui qui, mis en vente hier après-midi à Paris, n'était en réalité disponible
ici que demain matin. Aussitôt, je sortis le télégramme de ma poche et le lus
dans la cuisine. Veuillez me rappeler au (16.1) 47.31.37.87. Pierre.

J'avais gagné le salon, et je me tenais assis dans l'obscurité dans un
gros canapé en cuir, le télégramme à la main et le téléphone posé à côté
de moi sur le siège dans un renfoncement du coussin. En face de moi s'éten-
dait la baie vitrée, dont les vitres étaient très sombres, presque opaques,
derrière lesquelles le rideau métallique était baissé qui ne laissait pénétrer
pratiquement aucune lumière dans la pièce. Une petite désserte se trouvait
à côté du bras du canapé, avec des bouteilles d'alcool rangées dans les
divers compartiments, tandis qu'un poste de télévision, noir et élégant,
reposait sur un socle à roulettes contre le mur, avec un magnétoscope rangé
sur l'étagère du bas. Je décrochai le téléphone le plus doucement possible,
et commençai à composer le numéro du télégramme, . Sans bouger, l'oreille collée contre le combiné de l'appareil sentant comme une infime
résistance du cadran à chaque numéro que je formais
. Bientôt, l'oreille
collée contre le combiné de l'appareil
, j'entendis bientôt une tonalité rapide lancinante et légère, qui
semblait chercher une connexion dans la nuit, puis la sonnerie se stabilisa,
lourde pleine et régulière, et cela sonna une première fois, puis une deuxième,
avant que j'entendisse décrocher dans le noir le plus complet. Que dire ?
Fallait-il dire qu'il était arrivé quelque chose à Biaggi ? Dire qu'il lui
était arrivé quelque chose - au risque de le le voir Biaggi : entrer dans la pièce d'un
instant à l'autre ? Car Biaggi m'avait sûrement entendu composer le numéro
et il se pouvait très bien qu'il soit descendu au rez-de-chaussée maintenant,
et qu'il se tenait là en ce moment, à quelques mètres de moi derrière la porte du salon. Il y eut
un moment de silence, puis un répondeur se déclencha et j'entendis une
voix de femme anonyme de l'autre côté de la ligne qui invitait à laisser
un message pour le compte d'une société, la société Pertal, dont les bureaux

Ont contribué (1): Wellington -